Le réveil est très matinal. Alors qu’il y a le « change over », c’est-à-dire le changement d’équipe, dans l’Ain, on me réveille en sursaut. « Maureen you have to speak to these people, the pomper has no fioul ». Ok, il est 6 heures du matin et notre engin pompe est en panne car il n’y a plus d’essence… Des personnes rencontrées sur la route sont parties réveiller des habitants du village d’à côté. Le couple qui arrive et un don du ciel. Ces derniers possèdent une industrie appelée A2C Handling Equipment, et ont leur propre réserve de fioul. Ils nous dépannent de quelques litres et en plus l’homme nous aide à refaire démarrer l’engin.
La femme nous donne quelques explications sur le village « le Petit/Grand Abergement » qui a une lourde histoire avec la 2nd Guerre Mondiale. En effet, il a accueilli de nombreux résistants pendant la guerre et des personnes ont été fusillées par les allemands dans ces lieux.
Cette femme collectionne en effort de mémoire des objets des alliés…
Grâce à ce couple, la course peut continuer…

Nous pouvons observer que tout au long de notre parcours qu’il y a au bord de la route de nombreux petits monuments aux morts, ce qui rappelle à nos coureurs l’objet de leur course.
Dans la matinée, nous devons chercher absolument une station essence. Je pars donc avec Paul dans l’engin pompe en éclaireur, alors que le coureur est protégé par un campingvan.
Malheureusement, nous sommes dimanche et les routes départementales que nous empruntons possèdent peu de stations essences et les rares que nous trouvons sont fermées. Nous redoutons la même panne que dans la matinée.
Alors qu’il ne reste presque rien dans le réservoir du « pomper », nous nous arrêtons dans un village afin de demander si par hasard le propriétaire de la station serait dans le coin. Par chance, notre interlocuteur le connaît et l’appelle. Quelques minutes plus tard, une femme tout sourire nous ouvre sa station et nous explique que c’est avec plaisir qu’elle nous dépanne.
J’en suis moi-même étonnée. Elle aurait pu ne pas nous répondre, ni se déplacer, de plus, il n’était pas loin de midi et nous l’avons peut-être dérangée à un repas familial, sans compter que c’était son jour de repos… Mais non, cette femme nous a formidablement dépanné…
La course peut donc suivre son cours !
A partir d’Augiser, nous sommes escortés…
A 14 heures, nous sommes reçus par la Caserne de « Lons le Saunier » et les pompiers de cette caserne nous offrent un cocktail de bienvenue.
Leur hospitalité est incroyable et l’ensemble des pompiers australiens est touché par ce chaleureux accueil.
En plus de certains cadeaux, ils offrent à l’équipe un autre casque de pompier. Ce cadeau a un fort symbole pour les pompiers australiens et ils sont très honorés par ce geste.

La caserne de Bletterans a également salué notre équipe de coureurs, mais malheureusement la course ne peut s’arrêter au regret de quelques uns…
Nous arrivons à Seurre en fin d’après-midi, et nous avons une merveilleuse surprise. Les pompiers de la ville, et de la région se sont mobilisés pour courir avec nous.
Ainsi, de Seurre à Laignes (passant par les villes Pouilly sur Saône, Auvillars sur Saône, Longvic, Dijon, Saint Seine l’Abbaye, Champagny, Brémur et Vaumois, Châtillon sur Seine, Laignes et toutes les autres de la D73, N71, D965…) nous sommes escortés par les pompiers de France. Non seulement, ces pompiers ont mis à notre disposition une escorte mais ces derniers se sont relayés de 18 heures à 7 heures du matin pour courir avec les pompiers australiens.

Nous avons eu un moment fort sous les coups de 23 heures à Dijon avec la traversée de la caserne du Nord et les encouragements des pompiers et des autres équipes.
De Seurre à après Dijon, je suis dans les voitures d’escorte de pompiers afin de m’assurer que l’ensemble de la course se passe bien et également l’occasion de discuter avec des personnes adorables et passionnées par leurs métiers.
La photo sur le camion de pompier de Dijon est un peu anecdotique. En effet, je n’étais pas censée m’arrêter dans la caserne, mais une pause technique m’a incité à visiter la caserne. Alors que je me dirigeais vers les commodités, je remarque le beau camion, et le Commandant Legros me dit “on a bien le temps pour une photo, je vous prends dessus”. Une telle invitation ne se refusant pas, j’ai pris rapidement la pause, et couru (au figuré
) rattraper les coureurs par la suite!
L’équipe de Travis qui a couru de 00h à 6 heures du matin a particulièrement apprécié ce support. En effet, cette rotation est la plus dure pour les coureurs, et le fait d’avoir été soutenu tout au long de la nuit par les pompiers de la Côte d’Or leur a fait passer la nuit plus rapidement. De plus, en pleine nuit, ils ont reçu les encouragements de certains habitants qui se sont levés spécialement pour accueillir l’événement.
A Laignes, l’équipe Travis a bénéficié d’un petit déjeuner alors que les autres équipes en profitaient à Dijon.
C’est sûr, cette nuit restera gravée dans leur mémoire et je remercie les pompiers de France, et particulièrement le Commandant Legros, qui a coordonné ce support.
