31 décembre 2007 : Fox Glacier
Lever 5H20. Je rejoins Fanny devant l’hôtel.
Un silence, un sourire et quelques petits mots pour se dire que nous allons le faire…
L’organisateur vient nous chercher à 6 heures et nous annonce qu’il est possible que nous ne réalisions pas… notre saut en parachute !!! En effet, le temps paraît couvert à certains endroits.
Nous sommes cinq personnes du Magic Bus à avoir réservé un saut : un anglais, une américaine, une chinoise, Fanny et moi.
Bizarrement, la seule personne qui paraissait effrayée était le mec ! D’ailleurs, Fanny m’apprend qu’elle l’a entendu vomir juste avant, soit disant le monsieur nous dit qu’il aurait trop bu la veille (être bourré pour un premier saut, ce n’est pas terrible, donc je le soupçonne de s’être trouvé une excuse à son mal…).
Lorsqu’on arrive au « centre de sauts », on nous fait patienter dans une petite cabane préfabriquée.
Le centre se compose d’un minuscule aérodrome, un petit coucou jaune, et quelques caravanes autour.
Nous regardons donc les vidéos des personnes qui ont sauté, ce qui nous met un peu dans l’ambiance. Il y a des gens qui sont très stressés et qui n’arrivent pas à dire un mot, d’autres complètement excités.
Fanny et moi sommes les premières à être habillées mais on nous précise encore une fois que ce n’est pas sûr que l’on saute, cette fois en raison du timing que l’on doit respecter avec le Magic Bus (sachant que nous avons été les dernières à s’inscrire).
On nous explique les cinq étapes à faire :
- Coucou à la caméra pour la photo
- Au bord de l’avion, les jambes en arrière
- On saute, les bras croisés, la tête collée
- Et une fois qu’on nous a tapé dessus, on fait une belle banane, ce qui veut dire : être cambrée un maximum en arrière.
- Lorsque le parachute s’ouvre, on lève les jambes pour que l’accompagnateur nous passe un harnais près des genoux de façon à nous faire asseoir.
Je suis au départ étonnée, car je me souviens que ma mère que j’avais accompagnée il y a quelques années pour son saut en tandem avait eu le droit à toute une préparation…
Fanny et moi paressons relax. Néanmoins, sachant que toutes les instructions sont en anglais, je m’assure quand même que j’ai bien compris.
Fanny sautera avec Amely, une femme de 29 ans. Pour la petite histoire, elle a commencé le parachutisme, dix ans plutôt et a abandonné ses études pour sa passion (bien sûr ses parents étaient furieux), elle a plus de 2 000 sauts à son actifs.
Pour ma part, je sauterai avec Greg, paraissant la cinquantaine, et ayant de la bouteille. Heureusement juste avant de sauter, il a pris des chewing-gum de façon à enlever son haleine de cigarettes (heu, c’est qu’il est près de moi quand même…).
Juste avant de rentrer dans l’avion, il me serre bien les harnais, ça s’est sûr vu comment c’est serré, je vais pas glisser.
Et hop, on s’installe, je suis au fond de l’avion avec Greg, donc par conséquence je serai la deuxième à sauter.
Fanny s’installe à son tour et nous sommes relativement serré dans l’avion, de quoi se tenir chaud.
Petits regards complices avant de ne pouvoir se voir…
Ça y’est le moteur est en route et en 5 secondes, l’avion décolle.
On voit la terre s’éloigner…
J’ai l’impression que le vol dure au moins 10 minutes, voire beaucoup plus, mais je pense que ma notion du temps est faussée.
Greg me fait une petite visite guidée du paysage, on voit le Glacier Franz Joseph que nous avons « escaladé » la veille, le Glacier Fox et le Mount Cook.
Je vois sur le cadran de Greg l’aiguille qui monte…
Pendant le trajet, les moniteurs nous répètent les gestes que nous devons faire et Greg me dit plusieurs fois : « Give me a good banana ».
Alors que je suis concentrée sur le paysage, il me fait rentrer mon appareil photo, ce qui veut dire que le saut approche… Il me met le casque et les lunettes…
Un petit froid me parcoure le corps, je ne sais pas si c’est la fraîcheur de l’altitude ou l’adrénaline.
Fanny et Amely me tapent dans la main… La porte s’ouvre, on prend un énorme souffle de vent frais dans la tête. Je vois les deux femmes s’asseoir sur le bord et sauter. Avant que je ne réalise ce qui vient de se passer, je suis déjà au bord.
Je vois rapidement Fanny s’éloigner, le ciel est clair.
Ok, coucou alors que je suis déjà dans le vide, seulement accrochée avec Greg, puis ce dernier me colle la tête sur son épaule gauche et on saute.
Je vois sur ma gauche, l’avion jaune s’éloigner… Et là, je me dis « LA VACHE !!! », j’ai les joues qui subissent un véritable lifting. On sent le souffle qui arrive sur tout le corps, j’ouvre grands les yeux et on tourne, on tourne, j’ai l’impression de faire un grand huit puissance 1000.
Hop, un coup sur la tête et je me cambre autant que je peux pour faire une belle banane (les cours de yoga vont-ils m’être bénéfiques ?).
La sensation est énorme, on vole, on sent la pression sous le corps mais je ne ressens aucune peur… J’ai le smile, peut-être forcé par la nature, me diriez-vous. Lol.
Et au bout de 45 secondes, le parachute s’ouvre. Bizarre, je n’ai même pas pensé à l’éventualité qu’il ne s’ouvre pas.
D’ailleurs avec Fanny, juste avant de monter dans l’avion, nous avions déconné sur le sujet… « C’est bon, nous avons payé avec notre VISA, notre corps sera rapatrié » (oui, je sais humour noir français…).
Et là, j’ai la chanson de Lenny Kravitz dans la tête « Fly away ».
Ensuite, je prends conscience du paysage, Greg m’attrape les genoux pour me faire m’asseoir.
Une pensée pour Marc et je me dis « la vache » (encore !), il fait ça toutes les semaines tout seul… Respects
Greg me sort mon appareil et là je fais de merveilleuses photos et même une vidéo…
Ce moment de planage est inoubliable, fantastique, exceptionnel, incroyable !
Mes yeux prennent des images que je ne pourrai oublier.
Je vois Fanny devant moi qui se pose et quelques secondes après c’est moi qui me pose délicatement sur les fesses. Je remercie Greg qui me dit « Good Banana, Good Girl », lol.
Je retrouve Fanny : « We did it !!! »
Pas trop le temps de rêvasser, les parachutes sont vites repliés, nous devons courir pour ne pas louper le bus.
A l’arrivée au campement, on nous annonce que les photos au vol n’ont malheureusement pas fonctionné et du coup nous avons le droit à un t-shirt souvenir !
Nous sommes quand même fières de nous, nous avons sauté d’un avion à 12 000 pieds d’altitude (soit environs de 3,5 kilomètres)
Hop ! Direction le bus pour ne pas le louper… Il était moins une d’ailleurs…
Fanny a le contre coup de l’adrénaline, et elle est un peu malade. Il faut dire qu’on n’a pas eu le temps de poser le pied à terre.
A 9H30, nous prenons la route pour Queenstown…
Petite vidéo de notre aventure !
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